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Groupe de travail Méthodologie des enquêtes en population générale

La problématique des enquêtes en population générale par téléphone
Le renouvellement de l’enquête KABP

Depuis 1992, suite à l’enquête ACSF , les enquêtes portant sur les connaissances, les attitudes, les croyances et les comportements face au VIH sida en France sont réalisées par téléphone auprès d’un échantillon aléatoire de la population. Les enquêtes KABP de 1987 et 1990 reposaient sur un échantillon interrogé en face à face et constitué selon la méthode des quotas. Le choix d’une modification de la méthode par quotas en face à face vers un échantillon aléatoire interrogé par téléphone a été décidé parce que la validité des indicateurs obtenus sur un échantillon par tirage aléatoire est meilleure  et qu’elle permet une comparaison avec des enquêtes étrangères réalisées le plus souvent par téléphone.

Cette méthodologie a consisté dans un premier temps à tirer au sort les numéros de téléphone à partir des fichiers de France Télécom, première source de base de sondage.
Afin de prendre en compte la croissance du nombre d’abonnés sur liste rouge, surtout à Paris et dans les grands centres urbains, l’échantillon de l’enquête de 2001 a intégré les personnes dont le numéro de téléphone ne figurait pas sur les listes publiques (liste blanche).
En 2004, près de 19% des personnes ont un abonnement sur un réseau mobile sans avoir par ailleurs d’abonnement fixe . Ces usagers étaient donc injoignables par la méthodologie traditionnelle d’interviews téléphoniques utilisées dans les enquêtes KABP. C’est pourquoi, dans l’enquête de 2004, un échantillon supplémentaire de 300 personnes possédant exclusivement un téléphone portable a été interrogé, échantillon constitué par une génération aléatoire des numéros en 06, en respectant les parts de marché des différents opérateurs.
L’évolution de la couverture téléphonique se poursuit, notamment avec l’investissement sur le marché d’autres opérateurs : numéros en 08, 09, free, skype, ou encore via internet. Le passage de France Télécom à d’autres opérateurs permet parfois de garder l’ancien numéro de téléphone et repose dans certains cas sur un dégroupage en tenant compte des zones géographiques. Aucun annuaire commun à l’ensemble des opérateurs n’est disponible en France aujourd’hui et l’absence d’un dégroupage selon les zones géographiques empêche que le tirage au tirage au sort des numéros de téléphone soit stratifié selon les différentes régions, comme cela est habituellement fait dans les enquêtes.
La question se pose donc de savoir si une base de sondage constituée à partir des fichiers de France télécom est toujours pertinente. Est-il possible d’élargir la base de sondage à l’ensemble des personnes détenant un téléphone en France, et selon quelle procédure ? Faut-il envisager d’autres modes d’interview, que ceux par téléphone ? Si oui, quels sont-ils, et quelles sont alors les conséquences pour la comparaison entre elles des différentes enquêtes KABP ? Il s’agit aussi bien de conséquences liées au recueil des données (téléphone ou autre) qu’à la structure de l’échantillon. Peut on considérer que les abonnés au téléphone d’il y a dix ans ont des caractéristiques socio-démographiques identiques à l’ensemble des personnes possédant aujourd’hui un téléphone ? Faut-il éventuellement recourir à d’autres bases de sondage ?
Enfin, si les enquêtes par téléphone restent pertinentes, comment peut-on adapter le protocole des enquêtes KABP à la transformation de la couverture téléphonique sur le territoire français, en gardant si possible comparable les enquêtes entre elles ?
Autant de questions qui nécessitent que soit menée une réflexion avec l’ensemble des institutions en charge d’enquêtes par téléphone auprès la population.

De façon plus générale, l’IReSP souhaite saisir cette occasion pour mutualiser la réflexion sur les questions des méthodologies d’enquêtes en population générale, depuis la conception des questionnaires et des bases de sondage, jusqu’aux modalités pratiques de réalisation, aux conditions de réalisation des interviews et à la mise à disposition des données à la communauté des chercheurs.
Un groupe de réflexion est donc organisé sur ce thème.
Il a abouti à la décision de réaliser une étude de faisabilité pour comparer différentes méthodologies d’interview par téléphone (fixe versus mobile). Les conclusions de cette étude devraient permettre de contribuer de façon décisive à l’évolution de la méthodologie des enquêtes par téléphone en population générale, et les retombées concerneront l’ensemble des enquêtes santé en population générale. C’est l’ORS Ile de France qui prend en charge cette étude.

Ce groupe s’est réuni en mars, mai, juin 2008 et mars 2009. Il est animé par Nathalie Beltzer.